CONFÉRENCE

Rendez-vous à 19h
à l'École Nationale d'Administration

bandeau Violet

LA CHUTE

CITOYEN ET SUJET, RÉFUGIÉS ET ENVAHISSEURS : POUR UNE LECTURE POLITIQUE DE LA FIN DE L’EMPIRE ROMAIN

En 376 après Jésus-Christ, une foule de Goths arrive sur les bords du Danube qui marquait alors la frontière entre l’Empire romain et le monde barbare. Aussitôt, les Goths dépêchent des représentants auprès des autorités romaines. Que voulaient donc ces barbares ? Mais l’asile politique bien sûr ! L’empereur le leur accorda et l’armée romaine fit passer des dizaines de milliers de personnes (guerriers, femmes, enfants et vieillards) sur le territoire de l’Empire.

Trente-quatre ans plus tard, à la fin du mois d’août 410 après Jésus-Christ, ces mêmes Goths (ou plus vraisemblablement leurs descendants, on mourrait jeune en ce temps-là) s’emparent de Rome. Faut-il en conclure que l’Empire romain a été détruit par ceux-là même qu’il a accepté d’accueillir ? En d’autres termes, la chute de Rome est-elle le résultat malencontreux d’une vaste opération humanitaire qui aurait échappée au contrôle de Rome ? Bien évidemment, les millions de réfugiés qui se pressent aujourd’hui aux portes de l’Europe font de cette histoire vieille de plus de mille six cents ans un événement d’une brûlante actualité. Par ailleurs, dans une Europe secouée par la montée des particularismes, comment ne pas s’interroger sur le rôle des institutions dans la Rome d’hier ? Sur la capacité de cette dernière à générer et à entretenir un sentiment d’appartenance, gage de cohésion et de solidité pour une superstructure par définition multi-culturelle et pluri-nationale ?

Si l’Histoire ne se répète jamais, il arrive qu’elle bégaye parfois selon la belle formule de Maurice Druon. Que peut donc nous apprendre l’étude de ce demi-siècle plein de bruits et de fureur ? Qui étaient vraiment les barbares ? Que voulaient-ils et quels étaient leurs liens avec Rome ? Et du point de vu de Rome ? Comment l’Empire a-t-il fait face à ce péril ? Avec quelles forces s’est-il défendu ? Quelles faiblesses l’ont miné ? Voici quelques-unes des questions auxquelles cette conférence se propose de répondre en s’appuyant sur une source incomparable : le récit des évènements – parfois détaillé heure par heure  – que rédigea le dernier des grands historiens romains, Ammien Marcellin.

Le métier d’historien consiste à s’étonner de ce qui va de soi. Paul Veyne
Toute Histoire est toujours contemporaine. Benedetto Croce

Crédits site I Logistique I TERRA NOBILIS
Crédits photos I Jean ISENMANN / ADEUS

Nous contacter

TN